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La Belgique restitue à l’Egypte deux statues pillées exposées à Bruxelles

Le SPF Economie a restitué officiellement ce 30 septembre 2021 deux objets d’art aux autorités égyptiennes. Ces objets avaient été pillés en 2015 et étaient exposés dans une galerie bruxelloise. Cette restitution est le fruit d’une enquête de l’Inspection économique, sous la houlette du parquet de Bruxelles.

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Le SPF Economie a restitué, ce 30 septembre 2021, deux objets d’art aux autorités égyptiennes, représentées par son excellence l’Ambassadeur Khaled El Bakly. Cette restitution a eu lieu en présence du ministre de l’Economie, Pierre-Yves Dermagne.

Ces deux objets, un Oushebti (statuette funéraire) et une statuette figurant un homme debout, étaient exposés au sein d’une galerie d’antiquités bruxelloise et ont été saisis à la suite d’un signalement Interpol émanant des Carabinieri italiens. Ce signalement mentionnait que ces pièces provenaient d’une fouille illicite perpétrée au sein du gouvernorat de Gizeh en 2015. Avertie de la présence sur le sol belge des pièces en question, la République égyptienne a alors sollicité, au moyen  d’une commission rogatoire internationale, la restitution de ces deux pièces ressortissant de son patrimoine historique, amenant par la même occasion divers éléments pertinents destinés à prouver un pillage récent.

 

Les devoirs d’enquête, menés par la Direction générale de l’Inspection économique du SPF Economie, sous la houlette du parquet de Bruxelles, n’ont pas réussi à déterminer une quelconque provenance effective licite des objets en question, à la suite de quoi une décision de transmission des pièces saisies à l’autorité requérante a été émise par l’autorité judiciaire bruxelloise.

Le SPF Economie se réjouit de pouvoir compter sur la collaboration internationale afin de contrer les fraudes émaillant le marché de l’art, dont le trafic de biens culturels. La coopération interfédérale est également à mettre en exergue puisque les objets en question reposaient, le temps des investigations, au sein des Musées royaux d’Art et d’Histoire du Cinquantenaire.

Une enquête de ce type s’inscrit pleinement dans les missions du SPF Economie et de sa direction générale de l’Inspection économique consistant à prévenir le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme ainsi qu’à assurer la protection des consommateurs contre les pratiques commerciales portant atteinte à leurs intérêts.

En plus de porter atteinte aux droits des consommateurs qui, de bonne foi, sont trompés sur la nature ou l’origine des marchandises ainsi acquises, le trafic d’œuvres d’art contribue à l’étiolement de la culture mondiale tout en enrichissant les groupes criminels actifs dans ce secteur illicite, à la base de circuits de blanchiment de capitaux ou de financement du terrorisme. à cet égard, l’Inspection économique porte une attention particulière à la présence, sur le marché belge, d’œuvres d’art en provenance de zones en conflit. 

« Dissimuler l’origine illicite d’une pièce archéologique porte fortement atteinte aux droits des consommateurs et constitue une infraction au Code de droit économique, concomitante, le cas échéant, à d’autres préventions relevant du droit pénal commun. Les agents de l’Inspection économique tentent de mettre fin à ce type de pratiques. Cet évènement est l’occasion de rappeler que les marchands d’art seront bientôt tenus de s’enregistrer comme tels via un guichet d’entreprise et d’appliquer les différentes obligations de « due diligence » découlant de la loi relative à la prévention du blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme du 18 septembre 2017. Il est, de la sorte, imposé à ce secteur économique de réaliser une analyse de risques des clients avec lesquels ils concluent. à ce titre, le flou relatif à l’identité des propriétaires d’objets d’art vendus à un prix supérieur à dix mille euros ne pourra plus exister, sous peine d’amendes allant de deux cent cinquante à un million deux cent cinquante mille euros. La réputation internationale de la Belgique sur le marché de l’art en dépend. »

Wim VAN POUCKE, Directeur général de l’Inspection économique 

« La restitution de ces œuvres d’art illustre à merveille l’efficacité et l’excellence du travail de l’Inspection économique. Son travail est primordial pour mettre un terme avec la plus grande fermeté à ce trafic illégal. Ces interventions sont d’une nécessité absolue pour lutter contre les activités criminelles comme le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Enfin, par souci de moralité vis-à-vis de nos ancêtres, notre génération doit mettre en œuvre les moyens idoines à une lutte efficace contre le trafic de biens culturels. Les œuvres d’art visées par ce phénomène sont à considérer comme les témoins de civilisations séculaires et, de ce fait, constituent la partie ostensible d’un gigantesque héritage qui nous a été légué avec la charge implicite de l’entretenir et de le pérenniser. »

Pierre-Yves DERMAGNE, ministre de l’Economie 

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