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Trois quarts des Belges ont acheté en ligne en 2020

Sous l’effet conjugué de la crise sanitaire et d’une excellente connectivité, les Belges se sont très largement tournés vers l’e-commerce en 2020, nettement plus que la moyenne de l’Union européenne. L’augmentation du travail à domicile a également connu une forte accélération, près d’un tiers des Belges l’ayant pratiqué. C’est ce que révèle la 10e édition du Baromètre de la société de l’information, présentée ce jeudi 9 décembre par le SPF Economie et le secrétaire d’État à la Digitalisation, Mathieu Michel.

Le Baromètre de la société de l’information dresse un état des lieux chiffré du développement de l’économie et de la société numériques en Belgique et dans les principaux pays de l’Union européenne (UE). Il met en évidence les points d’attention propres à notre pays en s’appuyant sur des indicateurs pertinents provenant de sources statistiques officielles.

Avec un taux d’accès à internet de plus de 90 %, tant pour les ménages que pour les entreprises, et une couverture par le haut débit fixe de la quasi intégralité de la population (99,7 %), la Belgique s’affirme comme une terre de numérisation sur le plan des infrastructures. Des efforts doivent toutefois être poursuivis en matière de pénétration de l’internet mobile et de taux de couverture des réseaux fibrés, ainsi qu’en matière de formation et de féminisation dans les métiers du numérique.

Forte augmentation des achats en ligne

Cette excellente connectivité, conjuguée à la crise sanitaire et aux mesures de confinement ont conduit 73 % des Belges a effectuer des achats en ligne en 2020, ce qui situe la Belgique nettement au-dessus de la moyenne européenne (65 %). Cela représentait une hausse de 7 points de pourcentage par rapport à 2019. Une marge de progression reste cependant encore possible si l’on compare les résultats de notre pays à ceux des quatre pays frontaliers.

Au cours des trois derniers mois de 2020, 42 % des consommateurs établis en Belgique ont fait des achats en ligne auprès de vendeurs d’autres pays de l’UE, soit 25 points de pourcentage au-dessus de l’UE27.

Pour les entreprises établies en Belgique, l’e-commerce (site web + EDI) représentait 31,4 % du chiffre d’affaires en 2020. Si cela représente une baisse de 1,2 points de pourcentage par rapport à 2019, il n’en reste pas moins que la performance de la Belgique reste largement supérieure à celle des entreprises européennes de l’UE27 (19,8 %) et des entreprises établies dans les pays limitrophes où elle se situe entre 15 % (Luxembourg) et 23,1 % (France).

Accélération du travail à domicile

La pratique du télétravail a elle aussi connu une nette augmentation en 2020, avec près de 30 % des salariés qui ont travaillé occasionnellement ou habituellement depuis leur domicile. Par ailleurs, on constate une évolution croissante du phénomène entre 2018 et 2020. À la suite de la crise du coronavirus, on observe une hausse de plus de 10 points de pourcentage par rapport à 2019.

Si les femmes travaillent plus souvent depuis leur domicile que les hommes, elles restent toutefois sous-représentées dans l’univers numérique.

Le fossé hommes-femmes se réduit… mais moins qu’ailleurs

L’indice Women in Digital (WiD) évalue dans quelle mesure les états membres de l’UE parviennent à combler le fossé numérique persistant entre les hommes et les femmes. Cet indice positionne la Belgique en 12e position parmi les 27 états membres de l’UE (elle était 11e au WiD 2019). Elle obtient une note globale de 52,79 pour le WiD 2020 (note allant de 0 à 100), soit une valeur très légèrement inférieure à la moyenne européenne (54,47).

Le score belge s’est amélioré par rapport au WiD 2019 (51,4) mais cette amélioration ne suffit pas à rattraper les progrès réalisés par les autres pays européens, ce qui explique son recul dans le classement UE.

Spécialistes TIC… une denrée rare

Un autre fossé à réduire est celui entre les compétences numériques de la population et les besoins des entreprises en la matière.

Si 30 % des entreprises belges employaient des spécialistes TIC en 2020, près de 60 % d’entre elles ont éprouvé des difficultés à pourvoir leurs postes vacants nécessitant des compétences spécialisées en TIC. Il s'agit d'une baisse de 7 points de pourcentage par rapport à l'année précédente, mais notre performance reste supérieure de 4 points à la moyenne européenne (55 %).

Le fracture numérique se réduit petit à petit

L'évaluation des compétences numériques indique que la fracture numérique se résorbe. En 2020, 5,9 % des individus âgés de 16 à 74 ans n’avaient jamais utilisé internet, soit une diminution de 1 point de pourcentage par rapport à 2019. Le score de la Belgique est nettement inférieur à celui de la moyenne européenne (8,8 %), mais il reste une marge de progression puisque trois des pays voisins (le Luxembourg, les Pays-Bas et l’Allemagne) affichent de meilleures performances.

Une marge de progression pour l’e-government

L’e-government devrait permettre d’accroître les interactions avec les autorités publiques. En 2020, 61 % de nos citoyens (femmes 58 %, hommes 64 %) ont utilisé internet pour leurs relations avec les services publics, tant pour la recherche d’informations que pour des démarches administratives. Le score de la Belgique s’est amélioré par rapport à l’année dernière (59 %), ce qui la positionne à la 14e place dans l’UE 27.

La pandémie de COVID-19 a permis de mettre en exergue l’importance des infrastructures et des services numériques afin d’assurer la continuité des activités économiques et sociales. C’est dans ce cadre, et à l’occasion de sa 10e édition, que le Baromètre 2021 opère sa mue vers un instrument entièrement… numérique. Cette numérisation permet de naviguer plus aisément dans les différentes thématiques et d’actualiser les données en permanence. Le Baromètre s’affirme ainsi encore un peu plus comme l’outil de référence sur l’évolution de la société de l’information en Belgique.

Etienne Mignolet, porte-parole du SPF Economie

En matière de digitalisation, la Belgique n’est pas un mauvais élève, mais elle a tout pour être meilleure. Nous progressons, mais les autres pays avancent plus rapidement que nous. Nous devons générer un « coup de boost » à la digitalisation de notre territoire. Nous devons simplifier la vie de nos citoyens, moderniser la gestion des données et stimuler la digitalisation du territoire. 

Mathieu Michel, secrétaire d'État à la Digitalisation

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