Présidence belge de l'UE : sécuriser la chaîne d’approvisionnement des radio-isotopes pour soigner les cancers
Dans le cadre de la Présidence belge de l’Union européenne, le SPF Economie, en collaboration avec le Centre d’étude nucléaire (SCK CEN) et l’Institut national des radioéléments (IRE), réunit à Bruxelles des dizaines d'acteurs de la médecine nucléaire pour discuter des besoins du secteur afin de rendre les soins de santé avec des radio-isotopes plus efficaces accessibles à tous les patients européens, aujourd’hui et demain. Cette discussion aborde notamment la question de l'autonomie européenne en matière d'infrastructure, ainsi que la reconnaissance des radio-isotopes comme médicaments critiques pour atteindre cet objectif.
La médecine nucléaire est traditionnellement forte en Belgique. La Belgique figure parmi les acteurs mondiaux en ce qui concerne les radio-isotopes à des fins de diagnostic et a été à l'origine de l'observatoire des radio-isotopes médicaux en 2010. Précisément, cette initiative visait à éviter autant que possible les crises d'approvisionnement. Quatorze ans après la création de cet observatoire, le constat est là : l’infrastructure existante doit être étendue et modernisée, car elle constitue les piliers sur lesquels reposent nos centres de recherche, nos entreprises et nos hôpitaux. La Belgique occupe donc une position unique pour placer les radio-isotopes thérapeutiques au centre de l'agenda politique.
Aujourd'hui, les oncologues traitent déjà les patients atteints de cancer avec le lutétium-177. Plus de 500 études cliniques sont en cours pour prouver l'effet thérapeutique de nouveaux produits radiopharmaceutiques ou leur potentiel pour d'autres types de cancer. L'expérience montre que les produits radiopharmaceutiques augmentent considérablement les chances de réponse au traitement, même pour les cancers métastatiques, et sont plus efficaces. L'Europe doit agir dès aujourd'hui pour rendre ces produits radiopharmaceutiques thérapeutiques largement accessibles pour tous les patients européens.
La Belgique est déterminée à jouer un rôle de leader pendant son mandat à la présidence du Conseil de l'Union européenne. Le pays passe immédiatement à l'action en réunissant aujourd'hui plus de 180 oncologues, acteurs pharmaceutiques et scientifiques pour un congrès préparatoire à Bruxelles afin de partager leurs perspectives. La question clé de la journée est : quels besoins l'Europe peut-elle aider à combler pour rendre les produits radiopharmaceutiques thérapeutiques disponibles, abordables, fiables, accessibles (rapidement) et rentables ? Et quels sont les obstacles qui entravent la réalisation de cet objectif ?
Ce domaine de la médecine nucléaire a besoin d'un sol fertile pour s'épanouir. L'Europe a tous les atouts pour le fournir.
Même après l'approbation européenne, la mise en œuvre des traitements radiopharmaceutiques prend plus de temps dans certains pays que dans d'autres. Prenez par exemple l'Italie. En 2022, un traitement au lutétium-177 PSMA a été approuvé par l'Agence européenne des médicaments (EMA). Pourtant, il n'est pas encore couramment utilisé en milieu hospitalier car le système de santé national ne rembourse pas de tels traitements. La disparité entre les pays en matière de recherche est donc encore profonde, mais un cadre réglementaire solide peut aider à combler cette lacune. En stimulant la recherche et en améliorant la formation dans ces domaines médicaux spécifiques, nous visons à accélérer le développement de ce type de traitement du cancer. Le secteur espère que ces développements permettront finalement d'intégrer ces traitements plus tôt dans le plan de traitement. Cela nous permettra de mener une lutte plus efficace contre le cancer.Valentina Ambrosini, professeure de médecine nucléaire à l'Université de Bologne
Un point crucial est la reconnaissance des radio-isotopes thérapeutiques comme médicaments critiques. En décembre 2023, la Commission européenne a publié la première liste de médicaments critiques. Cette liste s'inscrit dans les efforts de l'Europe pour garantir aux patients l'accès aux médicaments dont ils ont besoin, en favorisant la sécurité de l'approvisionnement et en évitant les pénuries.
La lutte contre le cancer ne se gagne pas seule. La reconnaissance en tant que médicament critique est une reconnaissance d'un défi sociétal partagé. Cela ouvre la porte à une coopération et une coordination plus étroites dans le développement, la production et la distribution de ces traitements cruciaux, et pose les bases d'un cadre législatif global.Koen Hasaers, directeur des Applications médicales nucléaires au Centre de recherche nucléaire SCK CEN
La quête d'autonomie renforce la résilience de l'Europe et s'inscrit dans la vision d'une Union en bonne santé, où les pays européens collaborent pour améliorer et garantir les soins de santé à tous les citoyens européens.
Pourquoi ces traitements sont-ils plus efficaces ? Dans la thérapie par radionucléides (Targeted Radionuclide Therapy (TRT)), une molécule spécialement conçue navigue directement vers une tumeur et éventuelles métastases. En chemin, elle transporte une substance radioactive. La molécule agit comme une voiture équipée d'un GPS et d'une remorque. Elle se dirige précisément vers la tumeur et ses éventuelles métastases, transportant avec elle un radio-isotope. Une fois arrivée à destination, la molécule se gare et délivre la substance radioactive. Sa mission est alors de traiter très précisément et localement les cellules cancéreuses. Elles sont endommagées, ce qui entraîne leur mort et finalement, la réduction de la tumeur elle-même. C'est un travail de précision au millimètre près, une médecine de précision. Pour les patients, cela se traduit par moins d'effets secondaires et une meilleure qualité de vie. Avec la TRT, la lutte contre le cancer entre dans une nouvelle ère où elle est non seulement plus efficace, mais aussi plus personnalisée et plus humaine.
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